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José, Serge et Sylvie

Serge Bouchard avait raison : « la mort est aveugle ». Elle frappe partout sans nous avertir. Depuis trois ans, elle me frappe de toute part (épouse, fille, frère, sœur, amis et amies). À 81 ans, elle m’ignore… mais je sais qu’elle n’est pas loin et qu’elle s’exerce et s’acharne sur ma famille et mes amis.

Je la connais maintenant. Elle ne me surprend plus.

Serge et moi parlions régulièrement. « De tout et de rien », comme on dit. Il y a quelques semaines, de la mort de Sylvie, du printemps qui tardait, des Canadiens qui piétinaient. De tout et de rien.

Toi Serge, t’avais 73 ans, t’étais jeune et fringant. Moi, j’étais vieux, fatigué et entouré de morts.

J’ai appris de Lou, ta fille, que t’étais hospitalisé mais que tu reviendrais bientôt auprès d’elle. Gérald McKenzie vient de m’apprendre que t’es allé voir ailleurs. Les journaux sont remplis de bons et grands mots à ton sujet, ton génie en communications, parlé et écrit.

Il s’est passé quelques jours, puis José Mailhot est allée te rejoindre. J’avais de la misère à écrire. Maintenant, j’essaie de parler de vous deux, de vous trois en fait : Serge, José et Sylvie. En fait, de celles et celui qui étaient avec moi dans les pans les premières loges de la revue RAQ.

J’écris comme si je parlais. C’est plus facile. Comme si je vous parlais, à vous trois. Je sais que ce n’est pas très poli pour les autres qui me lisent.

Votre disparition n’est pas réelle. Elle le sera quand ? Je vous le dirai dans un autre billet…

Laurent Girouard
[Sainte-Perpétue, le 28 mai, midi vingt]